jeudi 9 août 2012

Un peu de poésie…






Le 10 septembre sortira On a ride, le nouvel album de Wax Poetic. Ce collectif emmené depuis 1997 par le saxophoniste new-yorkais Ikhan Ersahin, a dès ses débuts rapproché jazz et pop. La toute jeune Norah Jones apparaissait sur les premiers albums de Wax Poetic. Sur ce nouvel opus, on la retrouve d'ailleurs sur un titre. Autre apparition, celle de la chanteuse Sissy Clemens, une voix qui monte. Pour le reste, l'album est une réussite, l'esprit du NuBlu (club new yorkais fondé par Ersahin et où a pris racine Wax Poetic) est toujours là, même si le disque prend cette fois des accents americana, avec la collabortion du guitariste et chanteur Gabriel Gordon. Un des temps forts de cette rentrée musicale.

mercredi 11 juillet 2012

Un os pour Dupieux






Wrong, le nouveau film de Quentin Dupieux, sortira en salles début septembre. Avec la difficulté de succéder à l'épatant Rubber, qui, filmé au 5D, narrait les aventures d'un pneu serial killer. Film sans budget qui réjouissait par sa capacité à dévoiler une vraie écriture cinématographique au-delà de la gaudriole et de la provoc' inhérentes au sujet. Cette fois, sans pneu mais avec un peu plus de moyens, Dupieux part d'une idée on ne peut plus simple : un homme a perdu son chien. Partir sur les traces de Médor (en l'occurence le cleps s'appelle Paul) suffit au réalisateur pour installer son univers comico-absurde, avec cette fois des dialogues, et toujours une poignée de trouvailles qui donnent des scènes croustillantes. Mais une idée ne fait pas un scénario et c'est un peu là que le bât blesse. On finit par s'ennuier gentiment à suivre cette quête du canidé. A défaut de tomber sur un os, Dupieux démontre ici à la fois son talent et les limites de son approche. A suivre…

mercredi 4 juillet 2012

Dead or not dead ?


Bon alors, il est comment le nouveau Dead Can Dance ? Programmé pour août, il scelle donc les retrouvailles, seize ans après, de l'un des groupes phares du label 4AD. Et dès la première écoute, il y a comme une forte émotion à se laisser envahir par le son impressionnant de cette musique et la voix sortie des ténèbres de l'ami Brendan Perry. Même sensation, sur second morceau, à l'apparition vocale de Lisa Gerrard. Nostalgie ? Je ne sais pas, j'ai toujours eu comme un doute sur la vraie valeur de ce groupe auquel je suis pourtant attaché, ce côté parfois pompeux des orchestrations alors que dans le même temps certains morceaux (The Host of Seraphim, Yulunga, etc) m'ont toujours semblé d'une intensité assez remarquable. Je n'aurai pas la réponse à ce doux paradoxe en écoutant Anastasis, album tout à fait honorable pour un come-back, qui comporte son lot de vrais beaux instants, surtout en début d'album, mais s'enlise parfois dans un soupçon d'ennui.

lundi 25 juin 2012

Somewhere on the beach

Sorti en mai, Bloom, le quatrième album de Beach House, s'est installé durablement sur mes platines. Rien de révolutionnaire dans la pop lumineuse de ce duo originaire de Baltimore, mais un charme persistant, qui s'accentue au fil des albums et finit par distiller une mélancolie digne d'un Mazzy Star. Victoria Legrand, nièce de Michel Legrand himself, chante d'une voix presque androgyne alors que son comparse, Alex Scally, fait scintiller ses guitares comme sur un disque de 4AD. Bref, vous l'avez compris, Beach House, c'est pas mal.

mercredi 13 juin 2012

Un oeil sur Richter


L'expo Panorama qui vient de s'ouvrir à Beaubourg et que l'on a déjà pu voir à la Tate Modern est une rétrospective assez splendide et idéale pour qui voudrait se plonger dans l'œuvre impressionnante de Gerhard Richter, considéré comme l'un des plus grands peintres vivants. Pas toujours facile d'accès le garçon, il est du genre à fuir les interviews ou à lancer ce genre de phrases : « J’ai une santé moyenne, une taille moyenne (1,72 m), je suis moyennement beau. Si j'évoque ceci, c’est parce qu’il faut avoir ces qualités pour pouvoir peindre de bons tableaux. »
Né à Dresde en 1932, Richter est plus tard passé à l'ouest  et sa peinture, qui au fil d'une cinquantaine d'années, semble partir parfois dans tous les sens, est en fait sous-tendue par des thématiques fortes : le rapport à l'histoire, en premier lieu la période nazie, mais aussi les Brigades rouges, le 11-Septembre (Richter se trouvait ce jour-là dans un avion en partance pour New York !) ou tout simplement le passé familial. Un rapport très fort aussi à la photographie, qui inspire directement nombre de ses tableaux. Et puis un jeu souvent fascinant entre figuratif et abstrait. Bref, foisonnant, brillant, parfois dérangeant. Allez-y.

mercredi 30 mai 2012

Sacré Carax

En me rendant hier à la projection de Holy Motors de Leos Carax, j'étais, forcément, dans le souvenir savoureux mais pourtant si lointain de ces films magiques pour moi que furent Boy meets girl, Mauvais sang. 1984, 1986…, le cinéma d'une génération, mais avec un type tellement au-dessus de la mêlée. Tout cela avant l'épopée désastreuse des Amants du Pont-Neuf… Alors, Carax le Maudit de retour à Cannes ? Il fallait voir ça, alléché de plus par un casting pour le moins iconoclaste : Denis Lavant, of course, Piccoli, mais aussi Eva Mendes ou Kylie Minogue. Bigre…
Inutile d'essayer de raconter Holy Motors, et ce serait de toute façon dommage de le faire. Chef d'oeuvre ? Je n'en sais rien et honnêtement je m'en fous. Le film a autant de bonnes raisons de déplaire que de mauvaises, peut-être, de séduire. Mais Carax a juste réussi à me donner cette impression que je retournais au cinéma après des années sans y être allé. Comme une évidence. A cette liberté créatrice devenue si rare, il faut désormais ajouter un humour assez macabre, plutôt bienvenu en fait dans ce film poético-dingo. A l'image du dernier plan du film, où une dizaine de limousines, parquées dans un grand garage obscur, se lancent dans une invraissemblable conversation pré-nocturne.

dimanche 13 mai 2012

Désillusions


Gallmeister a ressorti récemment en poche ce petit chef d'oeuvre de Larry Watson. Court bouquin vu à travers les yeux d'un jeune garçon de douze ans, dont la famille va se trouver plongée dans une succession d'événements dramatiques qui vont marquer à jamais le narrateur. Découverte du mal, fin des illusions, jeux de pouvoir au sein d'un clan familial faussement uni, tout cela est raconté avec une sidérante simplicité. Emouvant et aussi très attachant.