lundi 27 août 2012

The party is over ?



Ceux qui comme moi placent Silent Alarm, le premier album de Bloc Party, dans leur top 5 des albums parus dans la dernière décennie, n'ont pu qu'être un poil déçus par les suites que le combo british a données à ce petit bijou. Suites pas du tout honteuses, certes, avec une tentative méritoire de s'échapper du registre post punk/new wave qui avait fait leur succès. Virages en partie electro, tempos parfois apaisés…, la bande de Kele Okereke a fait son possible pour se renouveler, sans jamais susciter l'émotion des débuts. Avec Four, quatrième livraison du groupe, on a l'impression d'une volonté de rassembler toutes ces influences, de fondre en une les pistes que le groupe a explorées depuis 2004, l'option metal en bonus. Un petit côté quadrature du cercle qui, une fois encore, montre ses limites. Rien de spécial à critiquer sur ce disque appliqué, certains morceaux (3X3, Truth, Day Four…) sont même franchement plaisants. Mais ni l'inspiration ni la production n'atteignent les sommets que l'on a connus. Dommage.

lundi 20 août 2012

Revoilà les Raveonettes !



Ils sont Danois et sonnent franchement américain. Ce duo très talentueux revient en septembre avec un nouvel album, Observator, qui est plutôt une réussite. La recette des Raveonettes ? Du rock 60's plongé dans une sauce noisy façon Jesus&Mary Chain. Le résultat est aussi frais que décapant. Leur meilleur album, Pretty in black, en 2005, excellait ainsi à ensevelir des mélodies acidulées sous des tonnes de distortion. Moe Tucker du Velvet, Martin Rev de Suicide et Ronnie Spector des Ronettes étaient même de la partie, c'est dire. En 2012, rien n'a vraiment changé, mais on ne s'en plaint pas. Neuf titres délicieusement rétro qui font mouche presque à tous les coups. La classe.

jeudi 9 août 2012

Un peu de poésie…






Le 10 septembre sortira On a ride, le nouvel album de Wax Poetic. Ce collectif emmené depuis 1997 par le saxophoniste new-yorkais Ikhan Ersahin, a dès ses débuts rapproché jazz et pop. La toute jeune Norah Jones apparaissait sur les premiers albums de Wax Poetic. Sur ce nouvel opus, on la retrouve d'ailleurs sur un titre. Autre apparition, celle de la chanteuse Sissy Clemens, une voix qui monte. Pour le reste, l'album est une réussite, l'esprit du NuBlu (club new yorkais fondé par Ersahin et où a pris racine Wax Poetic) est toujours là, même si le disque prend cette fois des accents americana, avec la collabortion du guitariste et chanteur Gabriel Gordon. Un des temps forts de cette rentrée musicale.

mercredi 11 juillet 2012

Un os pour Dupieux






Wrong, le nouveau film de Quentin Dupieux, sortira en salles début septembre. Avec la difficulté de succéder à l'épatant Rubber, qui, filmé au 5D, narrait les aventures d'un pneu serial killer. Film sans budget qui réjouissait par sa capacité à dévoiler une vraie écriture cinématographique au-delà de la gaudriole et de la provoc' inhérentes au sujet. Cette fois, sans pneu mais avec un peu plus de moyens, Dupieux part d'une idée on ne peut plus simple : un homme a perdu son chien. Partir sur les traces de Médor (en l'occurence le cleps s'appelle Paul) suffit au réalisateur pour installer son univers comico-absurde, avec cette fois des dialogues, et toujours une poignée de trouvailles qui donnent des scènes croustillantes. Mais une idée ne fait pas un scénario et c'est un peu là que le bât blesse. On finit par s'ennuier gentiment à suivre cette quête du canidé. A défaut de tomber sur un os, Dupieux démontre ici à la fois son talent et les limites de son approche. A suivre…

mercredi 4 juillet 2012

Dead or not dead ?


Bon alors, il est comment le nouveau Dead Can Dance ? Programmé pour août, il scelle donc les retrouvailles, seize ans après, de l'un des groupes phares du label 4AD. Et dès la première écoute, il y a comme une forte émotion à se laisser envahir par le son impressionnant de cette musique et la voix sortie des ténèbres de l'ami Brendan Perry. Même sensation, sur second morceau, à l'apparition vocale de Lisa Gerrard. Nostalgie ? Je ne sais pas, j'ai toujours eu comme un doute sur la vraie valeur de ce groupe auquel je suis pourtant attaché, ce côté parfois pompeux des orchestrations alors que dans le même temps certains morceaux (The Host of Seraphim, Yulunga, etc) m'ont toujours semblé d'une intensité assez remarquable. Je n'aurai pas la réponse à ce doux paradoxe en écoutant Anastasis, album tout à fait honorable pour un come-back, qui comporte son lot de vrais beaux instants, surtout en début d'album, mais s'enlise parfois dans un soupçon d'ennui.

lundi 25 juin 2012

Somewhere on the beach

Sorti en mai, Bloom, le quatrième album de Beach House, s'est installé durablement sur mes platines. Rien de révolutionnaire dans la pop lumineuse de ce duo originaire de Baltimore, mais un charme persistant, qui s'accentue au fil des albums et finit par distiller une mélancolie digne d'un Mazzy Star. Victoria Legrand, nièce de Michel Legrand himself, chante d'une voix presque androgyne alors que son comparse, Alex Scally, fait scintiller ses guitares comme sur un disque de 4AD. Bref, vous l'avez compris, Beach House, c'est pas mal.

mercredi 13 juin 2012

Un oeil sur Richter


L'expo Panorama qui vient de s'ouvrir à Beaubourg et que l'on a déjà pu voir à la Tate Modern est une rétrospective assez splendide et idéale pour qui voudrait se plonger dans l'œuvre impressionnante de Gerhard Richter, considéré comme l'un des plus grands peintres vivants. Pas toujours facile d'accès le garçon, il est du genre à fuir les interviews ou à lancer ce genre de phrases : « J’ai une santé moyenne, une taille moyenne (1,72 m), je suis moyennement beau. Si j'évoque ceci, c’est parce qu’il faut avoir ces qualités pour pouvoir peindre de bons tableaux. »
Né à Dresde en 1932, Richter est plus tard passé à l'ouest  et sa peinture, qui au fil d'une cinquantaine d'années, semble partir parfois dans tous les sens, est en fait sous-tendue par des thématiques fortes : le rapport à l'histoire, en premier lieu la période nazie, mais aussi les Brigades rouges, le 11-Septembre (Richter se trouvait ce jour-là dans un avion en partance pour New York !) ou tout simplement le passé familial. Un rapport très fort aussi à la photographie, qui inspire directement nombre de ses tableaux. Et puis un jeu souvent fascinant entre figuratif et abstrait. Bref, foisonnant, brillant, parfois dérangeant. Allez-y.