vendredi 5 octobre 2012

Sombres héros


Une des belles réussites de cet automne pourrait bien être ce groupe anglais, Dark Horses, de passage la semaine dernière à Paris, et dont l'album Everywhere, prévu pour novembre, devrait nous tenir compagnie à l'heure d'hiver. Douze titres produits par Richard Fearless, le magicien aux commandes de Death In Vegas, et une plongée assez hypnotique dans un rock plutôt ténébreux, lynchien, serait-t-on tenté de dire. La chanteuse Lisa Elle, anglo-suédoise, mène tout ça avec une grâce résolument gothique, histoire d'enrober ces belles compos d'une imagerie légèrement sulfureuse. Prometteur.

mercredi 3 octobre 2012

A forest


Ca buzze depuis quelques mois déjà et maintenant c'est vraiment l'heure de la consécration pour Lescop, trentenaire français qui, avec l'épatant single La forêt, a su viser juste dans le paysage musical actuel. L'album éponyme qui sort dans la foulée est dans l'ensemble à la hauteur des promesses du single. Lescop a réussi très joliment le petit jeu d'équilibre rétro, qui nous donne l'impression de replonger en 1982 sans céder à une nostalgie trop facile. Impossible de ne pas penser à Daho, mais sans la naïveté un peu confondante du Rennais à ses débuts, avec un bon vrai son cold-wave derrière, qu'ont très bien su restituer récemment des groupes comme Tristesse contemporaine ou Aswefall. Sauf qu'ici la tonalité est résolument variétoche, assumée comme telle, et c'est sans doute pour ça que la formule fait mouche. Elégant et malin.

lundi 1 octobre 2012

Kids A


Certains livres ne s'ouvrent pas à nous de façon immédiate. On les feuillette d'abord, on ne sait pas pourquoi mais on ne rentre pas vraiment dedans… et puis un jour on y revient et puis les pages s'enchainent comme une évidence. Exactement ce que j'ai vécu pour Just Kids, le livre que Patti Smith a consacré à sa relation unique avec le photographe Robert Mapplethorpe. Livre éminemment touchant, écrit avec une pudeur et une sincérité parfois surprenantes. Plonger dans le NewYork de la fin des sixties et du début des seventies au travers de ce couple plutôt improbable est aussi plaisant que follement excitant. Le Chelsea Hotel, les silhouettes bientôt disparues de Janis Joplin, Hendrix, Warhol… Et puis ces deux paumés qui sont d'abord amants, mais surtout se nourrissent de leur propre inspiration pour esquisser deux trajectoires artistiques exemplaires… Robert shootera la pochette du premier album de Patti, leur lien restera magnifique et intense jusqu'à ce que la maladie emporte Mapplethorpe en 1989. Vingt ans plus tard, ce livre-hommage scelle les liens jamais complètement définis de ce drôle de duo. Superbe.

samedi 8 septembre 2012

L'amour à mort



Amour, de Michael Haneke, Palme d'or cette année à Cannes, sera sur les écrans le 24 octobre prochain. On hésite un peu à recommander cet excellent film, tellement son propos, sa forme aussi peuvent sembler pesantes, pour ne pas dire plombantes. La vieillesse, la maladie, la mort sont au menu de ce huis-clos parisien où l'amour qui unit les personnages joués par Trintignant et Emmanuelle Riva est soumis à une ultime épreuve. L'épreuve, elle est aussi pour les spectateurs, contraints d'assister à un spectacle certes banal, mais qui est au fond tout ce que notre société cherche aujourd'hui à masquer coûte que coûte. Il fallait bien sûr un réalisateur pervers pour mettre en scène ce drame du quotidien. Haneke, qui n'a eu de cesse depuis vingt ans de disséquer les racines du mal sociétal, quitte à perdre le spectateur en route (remember Funny games), use des mêmes procédés en collant au plus près ce couple qui bascule dans la mort. C'est peut-être son meilleur film, même si je garde un faible pour sa trilogie autrichienne (71 fragments…, Benny's vidéo, Le septième continent…). Trintignant, y est sidérant, lui qu'on n'avait plus vu au cinéma depuis Janis et John.

lundi 3 septembre 2012

Du cul… again



La traditionnelle séance de dédicaces version Bastien Vivès. On valide.

mardi 28 août 2012

amour, couple et cul






Il a beau n'avoir que 28 ans, Bastien Vivès n'est pas une découverte pour ceux qui suivent un peu le monde de la bd (pas assez mon cas, j'avoue…). Angoulême en fit même sa révélation 2009, avec un bel album initiatique, Le goût du chhlore. Et son recueil L'amour, publié dans la collection Shampoing chez Delcourt, fait suite à deux autres parutions, Les jeux vidéos et La famille. Du couple, de l'amour et de cul aussi il est question, avec un principe narratif qui repose sur la répétition d'images fixes et un sens du dialogue qui oscille entre le banal, le zarbi et un brin d'humour. Même si on rit surtout jaune chez Vivès. Pas totalement réussi, ce petit album fait quand même souvent mouche. Il distille un charme assez énigmatique et confirme la singularité d'une écriture à la fois étrangement mature et encore en devenir.

lundi 27 août 2012

Baden Baden







Après un premier EP pour le moins remarqué (Alice, 78…) , les trois jeunes gens de Baden Baden déboulent début octobre avec Coline, premier album qui pousse un peu plus loin leur folk-rock inspirée en élargissant le cercle des possibles. Variation des tempos, chansons qui alternent entre français et anglais, l'album ne tient pas toutes les promesses esquissées à travers l'EP, mais ratisse suffisamment large et avec une indéniable grâce pour qu'on ne puisse faire autrement que le recommander. Et même assez chaudement.