lundi 14 septembre 2015
The Queen is dead
Voilà un drôle de film. Malgré son format miniature (1h30), Queen of Earth risque d'en faire bâiller quelques-uns, qui trouveront ce long-métrage trop lent et oppressant. Pas faux et pourtant l'ensemble est quand même très réussi. Bon, des films traitant de dépression, de paranoïa et de folie féminine, on en a vu quelques-uns. Alex Ross Perry, le réalisateur n'échappe pas plus à ces références qu'il ne cherche à les fuir. On songe donc inévitablement à Persona de Bergman et Répulsion de Polanski, deux chefs-d'oeuvre des 60's, mais la comparaison s'arrête là. Queen of Earth possède sa propre esthétique et sa propre écriture, un poil barbante, grogneront certains. La dimension étonnante (et au final passionnante) du film tient beaucoup à ce tandem formé par les deux personnages féminins, deux amies réunies dans une maison au vert et qui se balancent des scuds dans la tronche comme jamais vous n'avez osé en envoyer à votre meilleur(e) ami(e). Troublant et dérangeant. Mais la fragilité est plus flagrante du côté de Catherine, sous le coup d'une séparation avec son amoureux et encore meurtrie de la disparition récente de son père. Réfugiée dans cette maison où elle se sent étrangère et hantée par le passé, Cat glisse peu à peu dans une paranoïa effrayante. Distillant un climat angoissant, le film garde heureusement jusqu'au bout sa part de mystère. On reste du début à la fin subjugué par l'interprétation d'Elizabeth Moss, qui justifie à elle seule le déplacement. Depuis Top of the Lake, on ne pouvait plus douter du puissant magnétisme de l'actrice américaine. Dans Queen of Earth, elle impressionne, dans un rôle casse-gueule, par son jeu aussi subtil qu'animal. Chapeau.
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